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Prises de positions officielles sur le projet « Bienvenue en France »

Suite à l'annonce du projet « Bienvenue en France » par le gouvernement, dont l'un des points prévoit l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants du supérieur hors Union Européenne, Espace Économique Européen, Suisse et Québec ( 2 770 euros pour une année en cycle de Licence, 3 770 euros pour une année en cycle Master, 3 770 euros pour une année en cycle de Doctorat), plusieurs établissement du supérieur ont pris position.

Cet article détaille le contenu de ces prises de positions, avec des liens vers les dites prises de position. Si vous connaissez d'autres prises de position « officielles », merci de m'envoyer un mail à remy[at]grunblatt.org pour que je puisse mettre à jour cette page!

Sorbonne Université

Conseil d'Administration de Sorbonne Université

Le Conseil d'Administration de Sorbonne Université a toujours défendu une université de service public visant tout à la fois le développement d'une recherche de pointe et des formations exigeantes ouvertes à toutes et tous.

Trois mesures annoncées vont dans ce sens : la facilitation d'un visa pluriannuel pour les étudiants étrangers, l'amélioration de leur accueil et pour les diplômés, la possibilité de rester ou revenir travailler en France.

En revanche, l'augmentation importante des droits d'inscription pour les étudiants extra-communautaires contrevient à ces principes fondamentaux.

Le Conseil d'Administration désapprouve cette mesure.

Motion adoptée à l'unanimité le 11 décembre 2018

Source: Motion du CA de Sorbonne Université

AgroParisTech

Conseil d'administration de AgroParisTech

Le conseil d'administration d'AgroParisTech, réuni dans sa séance du 04 décembre 2018, se pronence fermement contre la hausse discriminatoire des frais d'inscription dans l'enseignement supérieur, ciblant les étrangères et étrangers extra-communautaires, annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe. Il adresse toute sa solidarité aux étudiantes et étudiants, doctorantes et doctorants étrangers que notre établissement accueille aujourd'hui ou souhaite accueillir à l'avenir. Il exprime à ses Ministères de tutelle son souhait du maintien de frais d'inscription nationaux pour les ressortissants des "économies en développement" et "économies en transition" (selon la définition de la CNUCED).

Source: Motion du CA de l'université AgroParisTech

Université de Lille

Présidence Université de Lille

Chères et chers collègues, Chères étudiantes et chers étudiants,

Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a décidé, dans le cadre d’un programme nommé « Bienvenue en France / Choose France », de différencier les droits d’inscription des étudiants, à partir de la rentrée universitaire 2019 dans toutes les universités françaises.

Les nouveaux droits d’inscription des étudiants étrangers non européens

Les universités ont été informées de cette décision relative aux nouveaux droits d’inscription des étudiants étrangers non européens fin novembre par un communiqué du cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Des discussions ont lieu actuellement entre les universités et le Ministère sur les modalités et les conséquences d’une telle mesure.

Attaché à un service public de qualité accessible à tous sans condition de nationalité et à la dimension internationale de notre université, notre conseil d'administration a adopté collégialement dès le 22 novembre une motion qui /«//désapprouve le projet de hausse spectaculaire dès la rentrée 2019 des frais d'inscriptions pour les étudiant.e.s extérieur.e.s à l'Espace Économique Européen //»/ et souligne son inquiétude à l’égard des conséquences qu’une telle mesure, si elle n’était pas compensée, aurait sur les formations et la recherche de l’Université de Lille.

[…]

Le Ministère laisserait à chaque établissement la possibilité de développer sa propre politique d’exonération des frais d’inscription et de bourses. Cette possibilité sera encadrée par le Ministère selon des critères à définir. Il a été évoqué, par exemple, un plafond d’exonération sous forme d’un pourcentage maximum d’étudiants pouvant être exonérés.

L’Université de Lille utilisera, le cas échéant, cette possibilité d’exonération pour atténuer les effets de ce programme.

[…]

*Jean-Christophe Camart *

Source: Droits d’inscription des étudiants non européens à l’Université de Lille, mail envoyé sur les listes du personnel et des étudiants

Université Grenoble Alpes

Conseil Académique de la ComUE

Motion du Conseil Académique

Suite à l’annonce du Gouvernement du 19 novembre 2018, relative à l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants extra-communautaires

Le Conseil Académique de la ComUE Université Grenoble Alpes, attaché aux valeurs d’ouverture et d’accueil de la diversité qui sont celles de l’université, exprime ses inquiétudes et ses fortes réticences par rapport aux récentes mesures annoncées par le Gouvernement d’augmentation importante des droits d’inscription pour les étudiants extra-communautaires dans les différents cycles de formation.

Il regrette la méthode employée par le gouvernement et l’absence de concertation sur un sujet majeur et complexe qui mérite un large débat.

Le Conseil Académique de la ComUE Université Grenoble Alpes juge ces mesures discriminatoires, potentiellement nuisibles au rayonnement de la francophonie et plus généralement au rayonnement international de l’enseignement supérieur et de la recherche.

C’est pourquoi il demande au gouvernement de revenir sur cette décision.

Il se tient prêt à contribuer à une large réflexion sur les moyens de renforcer l’attractivité de nos établissements, les conditions d’accueil et d’accompagnement des étudiants étrangers en France.

La Présidente de la Communauté Université Grenoble Alpes transmettra l’avis du Conseil Académique au Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Source: Augmentation des droits d'inscription des étudiants étrangers (hors UE)

Université Paris-Sud

conseils CAC et CA de l'Université Paris-Sud

Le 19 novembre, le Premier Ministre a annoncé la mise en place, dès la rentrée 2019, d’une série de mesures dans le cadre d’une stratégie internationale globale pour l’enseignement supérieur français. A côté de mesures portant sur la simplification de procédures d’obtention de visas et de titres de séjours pour permettre par exemple aux étudiants étrangers de venir travailler en France, ou encore sur la création de fonds destinés à aider les universités à améliorer leur accueil et leur développement à l’international, l’une d’entre elles concerne la mise en place de droits d’inscription « différenciés » pour certains étudiants extra-communautaires, fixés au tiers du coût réel des formations, soit 2770€ en 1er cycle et 3770€ en Master, école interne et en Doctorat. Ces droits d’inscriptions, versés aux établissements, sont supposés leur permettre de développer leur politique d’accueil (amélioration des dispositifs d’accueil et mise en place de bourses d’établissement par exemple).

L’impact de ces frais différenciés inquiète fortement les membres des deux conseils de l’Université Paris-Sud. La mission de l’université est d’accueillir un grand nombre d’étudiants d’origines diverses pour les accompagner vers la réussite. Même si une augmentation du nombre de bourses du gouvernement a été annoncée simultanément par le ministère, notamment pour attirer les meilleurs étudiants, les deux conseils redoutent les conséquences de cette mesure concernant les droits d’inscription, sur les étudiants les plus pauvres, notamment ceux issus des pays en voie de développement, qui, déjà, ont à prendre en charge des frais conséquents à l’arrivée en France (visas, transports, logement, etc.).

Des actions doivent nécessairement être mises en œuvre afin de mener à la réussite de ces publics souvent en difficulté.

NOUS DEMANDONS DONC UN MORATOIRE AFIN D’ENGAGER UN TRAVAIL DE CONCERTATION.

En cas de maintien d'une application pour la rentrée 2019, et en accord avec les conseils, la présidence proposera au conseil d'administration de voter le maintien de droit identiques entre les étudiants nationaux et extra communautaires

Sylvie Retailleau, Présidente de l'Université Paris-Sud

Source: Annonce de presidence@u-psud.fr: Motion relative aux droits d'inscription pour les étudiants extra communautaires

Université Paris Est Créteil Val de Marne

Président de l'université et son équipe

Le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé une forte augmentation des droits d’inscription pour les étrangers n’appartenant pas à la communauté européenne (2 770 euros par an pour le niveau L au lieu de 170 euros ; 3 770 euros pour les niveaux M et D, au lieu de 243 euros et 380 euros). Ces tarifs sont publiés sur le site de Campus France, sans qu’un arrêté ait encore été pris.

Plus qu’un supposé label de qualité pour les formations dispensées par les universités françaises, de tels droits d’inscription sont de nature à empêcher une grande proportion des étudiants étrangers de venir étudier en France, à commencer par les plus fragiles économiquement. Cette mesure touchera en particulier des étudiants venus du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, qui représentent 45 % des étudiants étrangers en France. Obstacle à l’attractivité internationale et à la démocratisation de notre enseignement supérieur, cette mesure est contradictoire avec la volonté affichée par le gouvernement de passer de 320 000 étudiants étrangers actuellement accueillis en France à 500 000 d’ici à 2027, et de mener une politique active au service du développement. Cette soudaine élévation des tarifs n’est pas non plus ce qui permettra de capter de nouveaux flux d’étudiants issus de pays émergeants attirés par des universités anglophones.

Dans un contexte de mondialisation accélérée, accueillir des étudiants étrangers est en effet une chance : ils sont des acteurs essentiels des échanges scientifiques, économiques et culturels entre la France et leur pays d’origine. Ils participent au rayonnement de l’Université et de la culture françaises, dans une société globalisée et ouverte sur le monde. Le partage des savoirs et des cultures sont des fondements essentiels de la construction d’une société démocratique et inclusive.

Repousser les étrangers non communautaires en grand nombre, à commencer par de nombreux étudiants francophones, ce serait tourner le dos à une société envisageant l’avenir de manière confiante et dynamique, une société à la fois enracinée dans la richesse de la diversité de cultures et ouverte sur la créativité / fécondité des échanges scientifiques, économiques et culturels internationaux. Opposés à cette hausse des droits d’inscription pour les étudiants hors de la communauté européenne, nous voulons pouvoir continuer d’accueillir les étudiants étrangers qui souhaitent venir étudier en France et qui en ont les capacités, sans distinction d’origine et sans que des barrières soient érigées à l’encontre des étudiants les plus fragiles économiquement.

Notre vision de l’Université est humaniste et ancrée dans l’esprit des Lumières. Universelle, elle s’enrichit de la diversité culturelle et s’ouvre largement sur le monde.

Nous demandons que les dispositions tarifaires concernant les étudiants étrangers hors de la communauté européenne soient reconsidérées conformément aux valeurs fondatrices de l’Université publique française.

Source: Accueillir des étudiants étrangers : une chance pour l’Université française (site web de l'université)

Université de Nantes

Président de l'Université, les Vice-présidents et les Conseillers

Le Président, les Vice-présidents et les Conseillers de l'Université de Nantes ont transmis un message à l'ensemble des personnels et des étudiants pour faire part de leur position sur l'annonce de l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne.

Dans son allocution du 19 novembre dernier présentant la stratégie d'attractivité pour les étudiants internationaux, le Premier ministre a, parmi d’autres dispositions, annoncé l’augmentation substantielle des droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne.

Si l’amélioration de l’accueil des étudiants étrangers est évidemment une nécessité, la mesure proposée ne nous paraît, pour autant, ni pertinente, ni juste. Entre désir d’attractivité et politique migratoire, cette augmentation concerne les étudiants parmi les plus fragiles. C’est une discrimination par l’argent qui risque de nous priver de nombreux talents. C’est aussi un coup dur porté à la francophonie qui est une chance pour notre pays.

Cette mesure pourrait apparaître comme le prélude à une hausse des frais étendue à tous les étudiants. Nous rappelons ici que les droits d’inscriptions ne peuvent et ne doivent pas être le moyen de compenser les sous-dotations des universités.

Le Président de l’Université de Nantes et son équipe demandent donc que cette mesure soit reconsidérée dans le respect du principe d’égalité de traitement entre usagers du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le Président, les Vice-présidents et les Conseillers

Source: Pour un accueil sans discrimination des étudiants étrangers dans les universités françaises - Site web de l'université

École Normale Supérieure

Conseil d'Administration

Le conseil d'administration de l'École normale supérieure réaffirme son attachement à l'ouverture de l'École à tous les étudiants sans distinction de nationalité. Il proteste contre les mesures récemment annoncées concernant les droits d'inscription des étudiants internationaux extracommunautaires en France, réprouve la méthode même qui consiste à prendre la question des droits d'inscription sous l'angle des étudiants étrangers au mépris des traditions de l'accueil universitaire, regrette l'absence de concertation préalable avec les établissements et d'information sur les modalités d'application de ces mesures, attire l'attention sur la situation spécifique des demandeurs d'asile.

Source: Motion du Conseil d'administation de l'École Normale Supérieure, le 3 décembre 2018

Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Conseil Académique

Le Conseil Académique de Paris 1 Panthéon-Sorbonne se prononce fermement contre la hausse discriminatoire des frais d'inscription dans l'enseignement supérieur, ciblant les étrangères et étrangers extra-européens annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe.

Il exprime toute sa solidarité aux étudiantes et étudiants, doctorantes et doctorants étrangers que notre établissement accueille aujourd'hui ou souhaite accueillir à l'avenir. Il demande au président de l'université de relayer auprès de la CPU et du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI) sa dénonciation de cette décision inique afin que le MESRI renonce à faire rentrer en vigueur cette disposition. Le Conseil Académique demande instamment au gouvernement de renoncer à ce projet.

Cette motion est communiquée directement au ministère par le président de l'université.

Source: Conseil Académique de Paris 1

Alliance des universités de recherche et de formation (AUREF)

Cette mesure interroge le principe d’une Université française ouverte à tous et la stratégie internationale de la France en matière d’accueil des étudiants étrangers et de développement de la francophonie alors que la France est le premier pays d’accueil non anglophone. Cela pose aussi la question de la conformité de cette augmentation avec la constitution de 1958, qui dispose que «l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l’État. »

[…]

Ainsi, il apparait clairement que le gain attendu de ces droits différenciés pour l’inscription dans une filière menant à un diplôme national sera sans commune mesure avec la somme des effets négatifs que cela générera, tant du point de vue humain que scientifique, stratégique ou économique. Au demeurant, les ressources générées, diminuées par le doublement annoncé des bourses de l’Etat français et par le financement des mesures d’accueil supplémentaires annoncées spécifiquement pour les étudiants internationaux, ne permettrontpas de répondre à la question récurrente du sous-financement des universités.

Ainsi l’AUREF considère que la mise en place de droits d’inscription différenciés, faite sans concertation, aura un effet globalement négatif pour la France et la francophonie. En tout état de cause, cela n’évitera pas le débat nécessaire sur la stratégie générale de l’Etat en ce qui concerne l’avenir et le financement del’enseignement supérieur et de la recherche publics dans un cadre constitutionnel qui affirme sa gratuité.

Communiqué de l’AUREF

Université Lyon 2

Commission Recherche (CS)

La Commission recherche de l’Université Lumière Lyon 2 réunie le 26/11/2018, ayant pris connaissance de l’annonce du gouvernement d’augmenter les droits d’inscription à l’Université pour les étudiant.es étranger.es hors Union Européenne, exprime sa profonde opposition à cette mesure et demande que les droits d’inscription à l’Université ne soient pas augmentés, quelle que soit l’origine des étudiant.es.

Source: Motion votée à l’unanimité par la commission recherche plénière de l’Université Lumière Lyon 2 du 26/11/18

Université de Poitiers

Président et vice-présidents

Le gouvernement a annoncé l’augmentation des droits d'inscription des étudiants extracommunautaires en les passant de 170€ à 2770 €/an pour le niveau Licence et de 243€ / 380€ à 3770 €/an pour les niveaux Master/Doctorat.

Le Président de l’université de Poitiers et son équipe manifestent leur opposition à cette augmentation.

Cette mesure est un obstacle majeur à la démocratisation et à l'internationalisation de l'accès à l'enseignement supérieur. Elle est en contradiction avec l’objectif national fixé de 500 000 étudiants en mobilité en France d'ici à 2027, contre 320 000 aujourd'hui. Elle est aussi orthogonale à la politique de l’Union Européenne s’appuyant sur l’éducation comme vecteur majeur d’inclusion et de citoyenneté, au-delà des frontières européennes, promue par ailleurs par le Président de la République française.

Cette mesure se heurte au constat d’une France récemment redevenue attractive pour les étudiants internationaux. Ces derniers choisissent à 70% d’intégrer nos universités et non les autres établissements aux frais d’inscription élevés. Prendre le risque de réduire l’accès des étudiants internationaux à nos formations revient à négliger leur apport à la diversité culturelle de notre société et au développement économique de nos territoires.

L'augmentation des droits est une mesure de sélection par l'argent contraire aux valeurs humanistes portées par l’Université. Elle est discriminatoire. Elle s’oppose profondément aux valeurs de l’université de Poitiers qui, riche de ses 17% d’étudiants internationaux, a fait de « l’université dans la Cité » sa signature.

Le Président de l’université de Poitiers et son équipe demandent au gouvernement de reconsidérer cette mesure dans le sens d’un service public de l’enseignement supérieur, favorisant l'accueil équitable de tous les étudiants.

Le Président et les vice-présidents de l’université de Poitiers

Source: Site web de l'université de Poitiers

Université de Lorraine

Conseil d'Administration

Texte proposé au CA le 4 décembre.

Pour transmission à la Ministre à la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

L’université de Lorraine fait partie des universités françaises qui est fière d’accueillir le plus d’étudiants étrangers extra-communautaires en France. Elle est aussi engagée dans des réseaux d'universités notamment avec de nombreux doubles diplômes avec des établissements allemands. Le premier Ministre a annoncé le 19 novembre dernier six mesures pour favoriser l’attractivité de la France qui changent radicalement la politique Française, le modèle de relation que nos universités entretiennent avec leurs partenaires étrangers, la relation directe de nos établissements avec les étudiants extra-communautaires. Parmi ces mesures, celle qui consiste à différencier les frais d’inscription entre étudiants communautaires et extra-communautaires, à tripler le nombre de bourses et à augmenter les exonérations, divise profondément la communauté universitaire.

Une partie importante de la communauté universitaire lorraine est opposée au principe même de la différenciation des frais d’inscription et, comme en Allemagne, préfère une politique d’attractivité qui ne fait pas des frais d’inscription un outil de différenciation entre les étudiants. Pour une autre partie de notre communauté cette différenciation pourrait être compréhensible mais les modalités rigides proposées inquiètent notamment pour nos relations avec les pays francophones d’Afrique ; pays avec lesquelles la Lorraine, terre d’immigration, a une longue tradition de partenariat.

Nous pensons que cette mesure ne permettra plus d’accueillir une partie des étudiants modestes qui avait fait le choix de la France en raison'de la qualité des études mais également pour sa politique de tarification de l’enseignement supérieur public.

Pour toute ces raisons, le conseil d’administration de l’université de Lorraine demande urgemment la révision de cette mesure et plus largement une réflexion globale sur le modèle de financement des universités françaises.

Source: Motion votée à l’unanimité par le CA de l’Université de Lorraine

Conseil Scientifique

Motion du CS de l’Université de Lorraine du 4 décembre 2018

Le Conseil Scientifique de l’Université de Lorraine ne peut cautionner une telle explosion des frais d’inscription, qui brise le principe d’égalité cher à la France, et ouvre la porte à une politique de financement des universités très dangereuse. L’Université de Lorraine demande à ce que le gouvernement revienne sur cette hausse démesurée et propose des solutions plus durables de financement de l’Enseignement Supérieur.

Cette hausse ne nous rendra attractifs qu’auprès d’élites sociales et considérant des frais d’inscription élevés comme un gage de qualité. Quand on sait qu’un rapport récent de la Cour des Comptes estime préférable d’augmenter les frais d’inscription de tous les étudiants, on s’attend à ce que cette hausse se généralise au cours des années à venir. Dès lors, quid des étudiants de l’espace européen, et des étudiants de nationalité française ? Devront- ils aussi s’endetter de plusieurs milliers d’euros pour accéder à un diplôme plus « attractif » ? Ce n’est pas aux étudiants de combler le sous-financement de l’Enseignement Supérieur, ni de payer les pots cassés d’une stratégie minimaliste qui dure depuis vingt ans. L’Etat français doit assumer et sensiblement augmenter son investissement dans les universités, plutôt que de rendre les étudiants plus précaires encore.

Le Conseil Scientifique considère que cette mesure fait peser une menace sur la formation à la recherche et par la recherche à l'Université de Lorraine (filiation licence-master-doctorat). Elle porte atteinte au développement et au rayonnement des unités de recherche; elle obère les collaborations internationales, en particulier dans le contexte du développement de la francophonie.

Source: CS de l'université de Lorraine du 4 décembre 2018

Université Paris 3

Conseil d'Administration

Le gouvernement a annoncé le 19 novembre une augmentation conséquente des droits d’inscription pour les étudiant·es extracommunautaires dès la rentrée prochaine : de 170 euros à 2770 euros par an pour le niveau Licence et de 243 et 380 euros à 3770 euros pour les niveaux Master et Doctorat.

Le Conseil d'administration de la Sorbonne Nouvelle, réuni le 30 novembre 2018, manifeste son opposition à ces augmentations.

Cette mesure serait en effet catastrophique pour notre université, dont près de 30 % des étudiant·e·s sont étranger·e·s. Elle porte en outre atteinte aux valeurs humanistes que nous défendons.

Source: Motion votée lors du Conseil d’administration du 30 novembre 2018

Université Paul Valéry Montpellier 3

Conseil d'Administration

Le conseil d’administration approuve à l’unanimité, un élu ne prenant pas part au vote, la motion suivante : « Le gouvernement a annoncé la semaine passée un projet de loi visant à instaurer des frais de scolarité pour les étudiant.e.s étrangers non communautaires sous la forme d’un plan nommé « Bienvenue en France – Choose me ». Ces frais de scolarité s’élèvent à hauteur de 2800€ pour une année de licence et 3800€ par année de Master.

Réuni le 27 novembre 2018, le Conseil d’administration de l’UPV réaffirme son attachement à une université accessible à tous et à toutes sans conditions de nationalité. Il dénonce et demande le retrait de ce projet de loi présenté par le gouvernement.

Extrait n°528-016 du registre de délibérations du conseil d’administration, séance du 27 novembre 2018

Source: https://www.univ-montp3.fr/fr/file/26442/download?token=ucsmL5I9

Université Rennes 2

Conseil d'Administration

Le gouvernement a annoncé lundi l’augmentation des droits d'inscription des étudiants extracommunautaires en les multipliant par seize dans certains cas: 2770 €/an pour le niveau L (contre 170€ jusque-là) et 3770 €/an pour les niveaux M et D (contre respectivement 243€ et 380€ jusque-là). Première conséquence: impossibilité de s’inscrire en France pour une très grande majorité des étudiant.e.s des pays les plus pauvres.

Le CA de l'Université Rennes-2 manifeste son opposition à l'augmentation des droits d'inscription à l'université car elle est un obstacle majeur à la démocratisation et à l'internationalisation de l'accès à l'enseignement supérieur. L'augmentation des droits, même partiellement compensée par une augmentation du nombre des bourses qui leur seraient allouées, est une mesure de sélection par l'argent contraire aux valeurs humanistes portées par notre établissement, et scandaleusement discriminatoire contre les étudiant.e.s étranger.e.s les plus modestes, dont un très grand nombre ne pourra plus venir étudier dans notre pays. La mesure proposée par Édouard Philippe est en contradiction flagrante avec les incitations à l'internationalisation des universités françaises, et l’objectif fixé de 500 000 étudiants en mobilité en France d'ici à 2027, contre 320 000 aujourd'hui, ne pourra pas être atteint en élevant de façon aussi radicale les droits d'inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s.

L'Université Rennes-2 accueille un nombre important d'étudiant.e.s extra-communautaires (2800), et elle est reconnue pour la qualité de son centre de formation en Français Langue étrangère (le CIREFE). La plupart sont des étudiant.e.s de qualité aux revenus modestes, provenant d'Afrique, d'Amérique latine ou d'Asie, et un grand nombre d'entre elles·eux contribue au rayonnement de notre université et de la culture française dans leur pays d'origine après la fin de leurs études.

En l'état, cette mesure risque de déstabiliser des dispositifs fragiles et de décourager les futurs étudiants étrangers à s'inscrire à l'Université. Le CA de l'Université Rennes-2 demande donc au gouvernement de revenir sur cette décision, et reste disposé à étudier toutes les propositions visant à favoriser l'accueil des étudiant.e.s étranger.e.s en France.

Source: Motion proposée par le SNESup-FSU votée à l’unanimité par le C.A. de l’Université Rennes-2 le 23/11/2018

Université Paris 8

Équipe présidentielle

Cher.e.s collègues, cher.e.s étudiant.e.s.

Suite à l’annonce des grandes lignes du programme “Bienvenue en France” par le Premier ministre Edouard Philippe le 19 novembre 2018, qui prévoit une augmentation très forte des droits d’inscription des étudiants étrangers (2 770 euros pour la licence contre 170 aujourd’hui et 3 770 euros pour le master contre 243), un certain nombre d’inquiétudes légitimes se sont exprimées au sein de notre communauté, comme en témoignent les premières réactions de nos collègues (Tribune dans Le Monde du 22 novembre) et les réactions qui se sont exprimées ces derniers jours au sein de nos instances (Conseil des composantes, Commission de la recherche, Conseil des relations internationales).

Cette multiplication par 16 des droits d’inscription représente en effet une forme d’exclusion et va à l’encontre du principe constitutionnel d’égalité et des conventions internationales qui interdisent les discriminations. Elle s’oppose au Droit à l’éducation, inscrit dans l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Si la précipitation et le flou dans la mise en place de cette mesure ne permettent pas d’en évaluer toutes les conséquences, une telle augmentation aura inévitablement un impact réel sur les étudiants confrontés à des difficultés économiques. Notre université connaîtra aussi une baisse d’attractivité d’autant plus conséquente qu’elle a noué des liens forts avec les pays de la francophonie et des Suds.

Pour notre université, riche de la variété de ses publics, de leur origine qu’elle soit géographique, sociale ou culturelle, à l’image de la population cosmopolite et multiculturelle de notre territoire, il n’est pas envisageable de mettre un prix à l’hospitalité et d’interdire l’accès de nos formations à tou.te.s ceux.celles qui y projettent leur espoir d’une vie meilleure.

L’équipe présidentielle

Source: équipe de direction de l’Université Paris 8

Université de Bretagne occidentale (Tribune)

Président de l'université

La tribune est disponible à cette adresse: Tribune du président de l'université de Bretagne occidentale

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